L'argentine et le bouton d'or

I
Le bouton d'or
Argentine, Argentine,
Mon complice, ma sœur !
Quelle est donc la douleur

Qui gonfle ta poitrine?
Toi qui de l'Aubépine
As la fraîche pâleur ;
Naïve et chaste fleur,
Beauté pure et divine:

Étoile du gazon,
Toi qui chaque saison
Pare de nouveaux charmes :

Pourquoi ton œil est-il
Mouillé de fines larmes
Par ces beaux jours d'Avril ?

II
L'argentine
J'ai vécu le martyre,
Pendant ton long sommeil:
Pour te voir me sourire.
J'épiais ton réveil !

Ah! Pour que je t'admire,
Courbe ton front vermeil,
Plus frais que le zéphire
Plus doux que le soleil !
Braque vers mes prunelles
Tes yeux pleins d'étincelles,
Pour que je vois encor,

Dans les prés où tout brille.
Ton regard qui scintille
Comme une étoile d'or.

Le bouton d'or
Comme la brise folle,
Qui te peut approcher,
Si, sur ton auréole,
Je pouvais me pencher !

L'argentine.
Comme la luciole
Las ! Qui te peut toucher :
Si, moi, dans ta corolle
Je pouvais me cacher !

Tout deux.
Quand Juin nous rassemble,
Pour nous enfuir ensemble,
Dans l'air plein de rayons,

Comme des demoiselles,
Ou de beaux papillons,
Que n'avons-nous des ailes?

Antonio Spinelli

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